Témoignages praticiens

Réflexion personnelle de deux puer travaillant aux urgences pédiatriques de l’hôpital d’Aix en Provence.

Face à des enfants en situation de détresse respiratoire, nous nous sommes interrogés sur l’approche de la RESC afin de limiter le plus possible l’hospitalisation et les moyens médicaux pouvant augmenter le stress de l’enfant et de ses parents (comme la CPAP, les lunettes à haut débit, la perfusion etc..).

Apres une certaine pratique aux urgences, que nous expliquerons dans notre étude, la RESC semble être un moyen utile et un partenaire idéal de tous les soins médicaux et paramédicaux apportés aux enfants atteints de pathologies respiratoires.

Témoignage issu d’un mémoire – 2016

J’avoue avoir été assez « secouée », non pas par la formation en elle-même, car ayant déjà fait une formation de toucher massage, les bases de ma formations médicales, très « cartésiennes » dirons-nous, avaient déjà été plus que mises à mal, avec une remise en question très profonde, mais plutôt par le coté « travaux pratiques » ; je savais pour l’avoir entendu dire par les patients pris en charge par Christine D, que cela avait de l’effet mais je ne pensais pas que ce soit à ce point-là.  Peut-être suis-je très réceptive !

Quant aux effets, ils se sont surtout manifestés sous forme de douleurs importantes du bas du  dos, mais étonnamment (ou pas, en fait), du coté opposé au coté « bloqué » avec  des contractures para vertébrales, toute la journée du samedi (séance de sport le samedi matin mais habituellement je ne suis pas aussi douloureuse après), associées à une grande fatigue le samedi en fin de journée.

Peut-être, que « j’extrapole », mais c’est entre nous, une impression de « force intérieure » comme une sorte de « prise de recul » par rapport aux difficultés … vague sensation …J’ai essayé de pratiquer sur mes proches mais les réactions ont été nettement moins marquées.

Merci encore pour votre enseignement que j’espère pouvoir approfondir, rien n’arrive par hasard et peut être m’aidera t’il à prendre d’autres horizons.

Une élève de la RESC cadre de santé

Psychologue clinicienne et formée à la psychanalyse, j’ai tout au long de mon parcours toujours lié dans ma pratique d’écoute, le vécu corporel des expressions émotionnelles et la dimension systémique dans laquelle se trouvait les personnes que je rencontrai.

Aussi lorsque j’ai rejoint l’Hôpital d’Hyères et que la cadre du service de Pédiatrie m’a proposé de participer au projet du service d’intégrer le protocole de RESC à toute l’unité, j’ai été ravie.

Ravie de trouver une dynamique relationnelle me permettant de soulager les tensions psychiques et de libérer une certaine parole nouée dans une symptomatologie.

Ravie aussi de pouvoir, proposer à la personne dont le corps et le visage sont vrillés parfois par l’émotion, un apaisement possible, par la stimulation cutanée et la force de l’intention.

Cette écoute particulière du corps et des mots, cette ouverture à une culture mi asiatique mi occidentale, font de la RESC, un outil profond d’étayage à la psyché. Il s’agit pour ce qui me concerne d’une technique intense de soin psychocorporel, là où d’aucun pourrait ne voir qu’un contact de surface sur certains points de peau.

Je dois préciser dans ces quelques lignes, que je me suis longuement interrogée sur la manière dont j’allai rédiger ce mémoire et sur ce que cette démarche pouvait amener à la psychologue que je suis.

Mon intention est de témoigner du bienfait de ce contact auprès de nos résidents dits déments, mais aussi du bouleversement dans la pratique quotidienne de la psychothérapie et dans l’écoute à l’autre.

Je dois donc m’excuser par avance auprès de Patrick Fouchier pour mon manque de rigueur face aux protocoles établis par ses soins que je n’ai pas toujours suivi à la lettre.

En tant que psychologue j’ai pour mission d’amener la personne à une élaboration autour d’un conflit interne et à l’accompagner face à une souffrance, à travers un travail autour de la parole et de la mise en conscience des liens possible entre maux et mots.

Il n’est pas habituel pour ceux et celles que je reçois de penser à travers les perceptions des résonances des mots énoncés sur et dans son corps et encore moins de se faire toucher par un psychologue, même du bout des doigts. On vient « chez le psy »pour parler de Soi dans sa relation aux Autres pas pour pas pour être en contact avec ses doigts.

J’ai donc beaucoup expliqué autour de cette stimulation cutanée et sur les résonances profondes des émotions sur les organes et les entrailles.

La RESC m‘a amené à faire de la psychopédagogie ou parfois de l ‘éducation thérapeutique en permettant à certains de s’approprier une meilleure connaissance du fonctionnement de leur Etre.

Psychologue – Mémoire 2015

Un travail très complet et très instructif sur des pratiques jusque-là assez méconnues. Au travers de ce mémoire force est de constater les bienfaits de cette pratique non seulement sur la douleur, l’anxiété, le sommeil, mais également sur l’acceptation de certains traitements invalidants. Je vous félicite d’avoir pu permettre à certaines patientes d’en bénéficier pour un acte lourd, qui touche au plus profond de leur intimité et pour lequel il est difficile de partager.

Si vous avez le courage d’aller plus loin, il serait intéressant de publier dans une revue professionnelle une synthèse de vos travaux.

Mme D – Directrice des Soins

Je vous remercie de m’avoir fait passer votre travail. Je n’ai pas compris toutes les subtilités, mais j’ai quand même appris beaucoup de choses.

J’ai été particulièrement sensible à l’esprit d’humanité et de bienveillance que vous développez dans votre réflexion. Je crois que c’est indispensable à notre vie en général et dans l’application de nos métiers à l’IPC (centre de cancérologie) plus particulièrement.

Vraiment bravo

Mr X – Infirmier Général

Merci pour votre travail qui visiblement a été apprécié largement par les patientes. Allez-vous poursuivre cette activité ?

Mr Y – Radiothérapeute

C’est strictement incompréhensible pour moi.

Mais je tiens à vous remercier de ce travail qui témoigne de votre part un grande humanité et représente une vraie démarche de bienveillance et d’attention portée vers ces patientes.

Et en plus ça marche !

Professeur de médecine – Chef de service

J’ai été ravie de pouvoir réaliser des séances de RESC sur Eugène, un jeune autiste, pathologie qui me tient beaucoup à coeur.

Nous attendions mutuellement les séances avec impatience, je ne sais pas si ma prise en charge a toujours été pertinente et efficace mais à la fin de chaque séance Eugène s’endormait pendant un minimum d’une heure.

Si certains points ont été amélioré par la RESC, notamment le transit, les glaires dans les selles, l’extériorisation de ses émotions, les stéréotypies par contre, ont augmenté. Peut-être le besoin de ne plus tout garder pour lui.

La RESC est une expérience humaine extraordinaire

Eugène, qui ne se laissait toucher par personne, réclamait les séances. Rien que pour cela notre travail a été positif et enrichissant. On apprend beaucoup de l’autre, et c’est un outil qui permet de rentrer en contact et en profondeur avec le corps de la personne et ses propres énergies.

« Une écoute attentive, corporelle et émotionnelle, juste le fait d’être là pour l’autre … »

Elève RESC niveau 3

L’intérêt de la Resc dans notre métier infirmier m’apparait comme une évidence ; elle présente un grand intérêt dans le rôle propre infirmier, notamment dans l’apaisement des patients et la prise en charge non médicamenteuse de la douleur. Mais également dans l’accompagnement des pathologies chroniques et la prévention des phénomènes iatrogènes (tolérance des chimiothérapies, prévention des effets secondaires et des récidives…).

C’est également une ouverture à la pluridisciplinarité. Notre formation Resc niveau 1 rassemblait infirmières, aides-soignants, kinésithérapeute, podologue, psychomotricienne et cadres de santé ; quelle formation actuellement offre une telle mixité professionnelle dans les échanges ?

Cette approche soignante est très « jeune » dans le temps, surtout si on la compare à l’«ancestralité » de la Médecine Traditionnelle Chinoise ; elle est donc en évolution permanente et appelée à se parfaire continuellement ; ceci donne même un certain vertige face à l’inconnu et à tout ce qu’il reste à découvrir. En tout cas, la reconnaissance portée par l’Organisation Mondiale de la Santé à toutes les médecines traditionnelles montre son intérêt pour intégrer des approches soignantes innovantes dans les systèmes de santé.

Actuellement, nos étudiants infirmiers montrent un intérêt grandissant pour ces « Pratiques de Soins Non Conventionnelles », et ont compris leurs intérêts dans la promotion de la santé et l’autonomie des patients. Cette approche soignante correspond à l’intention exprimée de chacun de nos étudiants d’être « Bien traitant ». Nous espérons dans l’avenir pouvoir former certains d’entre eux au premier niveau Resc.

Cadre IFSI ayant terminé sa formation RESC 3

Malgré le peu d’expérience que j’ai, la RESC me parait une alternative de soins très intéressante pour calmer les douleurs et apaiser l’anxiété.

Même si pour l’instant nous n’arrivons pas à faire valider cette méthode au sein du service, nous ne nous décourageons pas « confiance et détermination », ne sont-ils pas les maitres mots de nos enseignants !

Mme G – Infirmière anesthésiste

En effet la mise en pratique de cette méthode entrouvre des portes sur des connaissances jusqu’alors totalement ignorées de ma part et d’appréhender les personnes avec qui je suis en contact, qu’elles soient patients (je suis manipulatrice en électroradiologie) ou bien plus proche de ma sphère familiale, sous un jour nouveau. Ceci englobe à la fois la perception des caractères de chacun ainsi que l’expression des mal-être ou maladies qui se déclarent.

Ma perception de l’autre en a été changée.

De mon coté, la prise en charge d’un patient de manière suivie m’a permis de prendre confiance en ma pratique, au vu des retours que j’en ai eu. Cela me conforte dans l’idée de pratiquer de manière plus fréquente.

Le sentiment de prodiguer un bien-être, d’amener une certaine relaxation à l’autre est un sentiment très agréable qui nous rempli d’apaisement à condition d’être bien ancré et concentré sur ce que l’on fait.

Mme C – Manipulatrice en électroradiologie

Tout au long de cet accompagnement j’ai fait une nouvelle expérience à travers la RESC qui m’a à la fois encouragée et de nouveau convaincue que notre formation est saine et très efficace.

Mme J – Aide soignante

Quant à moi le fait d’avoir pu la suivre, de voir l’évolution au fur et à mesure, de voir son contentement à la fin de chaque séance m’a beaucoup apporté, le fait d’être à l’écoute de l’autre et de pouvoir l’accompagner.

Je tiens à remercier ici, plusieurs personnes qui m’ont permises d’avoir la connaissance de cette méthode qui demande d’être si proche de l’autre, d’être à son écoute, d’être si sensible à ses gestes, d’avoir une attitude de respect, de la volonté, du respect, du secret de l’intimité exprimé, du respect de l’approche corporelle par le toucher ainsi que de savoir relier le somatique à  l’émotionnel, tout en se préservant.

Mme J – Auxiliaire puéricultrice

Pour moi ce fut très enrichissant de partager des moments aussi intimes avec Mme A. Au fil des séances cet apaisement était réciproque, car moi aussi, j’arrivais à ressentir son bien être.

Mme P – Infirmière

L’écoute, un mot qui a pris tout son sens pour moi car cela m’a appris la patience, l’empathie.

Mme R – Infirmière

Néanmoins, cet outil formidable qu’est la RESC permet à nous, soignants, d’écouter l’autre différemment et de l’accompagner vers un mieux être physique et émotionnel. Nous éprouvons nous-mêmes une réelle satisfaction à pratiquer au quotidien cette technique.

Je trouve dans cette pratique beaucoup de confort et une plus grande attention aux points sensibles dans l’émotion du discours. J’écoute et je dénoue, comme se déroulerait un écheveau de laine, il y a quelque chose de très apaisant dans le contact et presque du bercement ce qui peut être peut aider à reconstruire l’étayage et la sécurité de sa psyché.

Mme H – Infirmière puéricultrice et Mme A – Auxiliaire puéricultrice

Ce contact si léger et si profond bouleverse ma façon d’être psychologue, il amène comme l’eau un enveloppement et un drainage ; il nourrit apaise et dénoue les blocages du plus profond, du plus ancien au plus superficiel et ouvre vers la rencontre en soi et avec l’autre.

Au point où je suis de ma pratique, la RESC est une clé qui me pousse à m’ouvrir d’autres horizons et à me perfectionner.

Mme B – Psychologue

La RESC a profondément modifié ma façon de travailler, de concevoir la maladie et d’aborder les patients. C’est un enrichissement professionnel mais aussi personnel.

Mme B – Infirmière puéricultrice

Cette méthode de soins et de soutien, m’a apprise à canaliser ce débordement d’énergie qui me caractérise, sans lequel, il me serait impossible de pratiquer ce « contact-écoute ».

Mme F – Infirmière

Cette prise en charge m’a permis de prendre confiance en moi, en mon écoute du corps de l’autre. En effet, s’il est rassurant de préparer ses séances en envisageant les points à utiliser, je me suis vite rendu compte que je ne m’en servais pas forcément et qu’il m’arrivait d’utiliser des points spontanément auxquels je n’avais pas forcément pensé avant mais qui me sont « dicté » par les sensations de la personne et mon ressenti.

Enfin je ne peux conclure ce mémoire sans parler de l’impact que cette approche a eu sur ma propre vie. En effet il y a quelques années :

  • Si l’on me parlait de douleurs je pensais médicament ; je pense aujourd’hui déséquilibre, 5 éléments, résonance…
  • Si je voyais une cicatrice, je pensais pommade, je pense aujourd’hui insistance
  • Quand je pensais à mon avenir, je pensais management/gestion, je pense aujourd’hui RESC, accompagnement, bien être et cela m’amène la joie au cœur.

Parce que la vie n’est que mouvement ; on évolue, on change, on prend d’autres chemins, on ouvre ses horizons.

Mme B – Puéricultrice cadre de santé

La pratique de la RESC m’a permis de lier des relations privilégiées avec les patients et parfois avec leurs conjoints.

J’ai pris confiance en moi, et j’ai pu instaurer cette confiance aux patients en leur apportant un peu de paix intérieure et de sérénité au milieu de cet « ouragan » qu’ils vivent au quotidien.

Jai pu mettre en place de véritables relations d’aides, formation, que j’ai eu il y a quelques années, mais avec laquelle je n’étais pas très à l’aise.

Depuis 30 ans que je suis Aide Soignante, je ne cesse de dire que j’apprécie mon métier et que, professionnellement et personnellement j’apprends encore tous les jours. La RESC est un précieux outil de travail qui me manquait qui m’a ouvert à un enrichissement personnel et professionnel.

Mme B – Assistante Santé à Domicile

Je dois absolument faire confiance à la résonance des points ainsi qu’à la subtilité et à la profondeur de cette résonance en chacun de nous.

Mme H – Infirmière anesthésiste

Mon approche vis-à-vis des patients a totalement changé. Les gestes techniques du rôle de l’aide-soignante sont désormais complétés par des séances de RESC.

Mme B – Assistante Santé à Domicile

Quant à moi, au fur et à mesure des séances, je suis passée de l’attention à l’intention. Le toucher délicat, l’écoute tactile du corps de la patiente et de la résonance des points m’a fait intégrer l’intention.

La resc m’a permis de prendre du temps, de ne rien attendre, d’être juste dans l’écoute, d’être dans l’ici et le maintenant, d’être dans le moment présent. Elle m’a permis d’apaiser avec mes mains, de soigner avec un toucher très doux, non intrusif, sur des points très précis, de « toucher du doigt » la souffrance de la patiente, l’empathie en a été renforcée.

Mme T – Médecin gynécologue

Dans ma pratique hospitalière, je trouve intéressant d’appréhender le corps du patient par son intériorité (avec la RESC) et non plus par son extériorité (dans ma pratique classique). La relation qui s’instaure, alors, est souvent différente de celle  »soignant/soigné » dont on a l’habitude. Cela rejaillit sur ma façon d’aborder les patients, même lors d’une prise en charge classique. Mon regard, passé par le prisme de la RESC a changé : je ne peux m’empêcher de me demander de quelle histoire certains symptômes sont la conséquence. Le patient n’est plus réduit au nom de sa pathologie et aux désagréments voire aux souffrances qu’elle engendre mais il est rendu à son histoire, à son vécu, à son humanité et en résonance, j’ai retrouvé la mienne.

Mme R – Masseur Kinésithérapeute

© All rights reserved - Mentions légales - Maintenu par : Marc-AntoineRichard.com