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Témoignage Praticien : RESC et Cancer de la Prostate

Depuis 2022, je pratique la RESC (Résonance Sous-Cutanée) dans le service de Radiothérapie où j’exerce en tant que Manipulatrice en Électroradiologie Médicale. Avec l’expérience, j’ai appris à déceler certaines contrariétés, hors traitement, que peuvent vivre les patients. Grâce aux séances de RESC, je peux partager un moment privilégié avec eux. Nous échangeons sur différentes problématiques qui les touchent de près ou de loin et nous décidons ensemble de commencer un suivi en RESC.

Alors que des dizaines de femmes franchissent le pas naturellement, seulement UN patient a souhaité tenter un suivi en RESC. Et pourtant, les hommes aussi méritent que nous les accompagnions pendant une période comme la prise en soin d’un cancer.

Ici, j’ai choisi de vous rapporter l’expérience que j’ai vécue avec ce patient, la cinquantaine, en parcours de soin pour un cancer de la prostate. Il faut savoir que de nombreuses alternatives thérapeutiques existent et elles peuvent être lourdes de conséquences pour le patient : effets secondaires importants, transit modifié, troubles urinaires et de la vie sexuelle… Ces effets sont une intrusion dans leur quotidien et ils peuvent les priver de certains plaisirs, voire les couper complètement de leur vie sociale. De quoi bousculer un homme…

M. Y. a bénéficié de 5 séances de RESC à la fréquence d’une séance par semaine pendant son cursus en radiothérapie.

L’inclusion en RESC est faite à sa demande. Mes collègues me décrivent un patient angoissé : par le traitement, par ses conséquences, par la stratégie thérapeutique mise en place par les médecins… Mes collègues ainsi que son médecin radiothérapeute référent ne savent plus comment le rassurer. Lorsque le patient leur parle de la RESC, ils décident de me l’adresser. Je rencontre M. Y. et lui décris la méthode. Je lui explique que ce premier entretien se fait en deux parties : un interrogatoire qui me servira à établir un protocole personnalisé et une séance de RESC appelée « Protocole de Base » pour lui faire découvrir la méthode et valider, ensemble, la prise en charge.

Au cours de l’interrogatoire, nous rentrons dans la vie personnelle du patient. En effet, l’objectif de cet entretien est d’établir sa cartographie énergétique et de faire un lien entre les différents espaces décrits en Médecine Chinoise. Je constate ici que le patient n’est pas seulement perturbé par sa santé mais également qu’il est en pleine séparation, avec comme conséquence un déménagement, que son enfant a pris son envol, qu’il ne travaille plus… Il se sent responsable du tournant que prend sa vie car lorsqu’il travaillait, il était sans arrêt en déplacement et donc absent pour sa famille. De plus, il a choisi de ne rien dire à ses proches par rapport à son cancer, il dit avoir peur de leur regard qui pourrait changer. « Il vit une crise d’existence avec un fort sentiment de culpabilité et EN PLUS sa santé le lâche littéralement. Il ne sait plus comment avancer, lui qui a toujours été l’Homme de la famille, il ne trouve plus sa place. »

La verbalisation avant la séance va lui permettre de se sentir plus léger et il réalise que finalement il a des raisons d’être dans cet état, que « ce n’est pas RIEN de vivre tout ça ». Cela fait beaucoup pour un seul homme. Nous arrêtons notre entretien et passons à la séance de RESC. Lorsqu’il en ressort, il se sent libéré, détendu, apaisé… Il a le sentiment de pouvoir affronter les choses telles qu’elles vont se présenter. Il ressent plus de clarté. Je lui explique qu’il a fait le travail, que je n’y suis pas pour grand-chose. Nous décidons de poursuivre les séances pendant son cursus de radiothérapie.

De mon côté, je mets en place un protocole personnalisé axé sur le Renforcement de l’Estime de Soi, l’Apaisement Émotionnel et la Diminution de l’Anxiété. C’est cette séance que je vais répéter à chaque fois.

Nous nous retrouvons donc une fois par semaine pour échanger. Nous ne nous installons plus autour de la table comme lors de l’interrogatoire mais le patient parle de lui-même pendant la séance et me raconte les avancées de sa vie au fur et à mesure de nos rencontres. Il se sent beaucoup plus serein face à ce qui lui arrive et il prend de grosses décisions. Il décide de repartir dans sa région de cœur après son traitement. D’ailleurs, chaque week-end, il les passe à rénover son futur logement ou à aider son fils dans son installation. Il me dit arriver à « prendre le temps », il fait des siestes après chaque séance de RESC et dit qu’à chaque réveil il se sent « ressourcé ». Il exprime le paradoxe entre la diminution physique qu’il ressent et l’envie de poursuivre son chemin, il retrouve petit à petit goût à la vie, envisageant même de nouvelles rencontres.

Arrive le jour de notre dernière séance. Il me remercie de ces moments passés ensemble. Il se sent reconnaissant de ces échanges. Pour ma part, ce patient m’a énormément touchée. En début de prise en charge, je redoutais un peu de me retrouver en face d’un homme qui aurait pu être mon père, de par le rapport d’âge. Mais plus nous avancions dans les séances, plus je réalisais à quel point nous avions les mêmes questionnements sur la vie. Le passage à la vie d’adulte nous rapproche de nos patients car nos préoccupations se ressemblent. Je l’ai donc également remercié pour ces moments.

J’espère que de plus en plus d’hommes se tourneront vers les soins de support. Les traitements lourds peuvent provoquer de fortes remises en question sur la façon dont nous vivons et sont souvent responsables de prises de conscience importantes. Nous, praticiens de santé intégrative, abordons cela avec un point de vue différent. Nous avons appris à remettre le patient au centre. Nous ne traitons pas une pathologie mais bien un être humain dans son entièreté.

Anabelle AISA, praticienne en RESC

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